A Contre-Temps est la déclinaison éditoriale de marenostrumarcadia.org.

Nous avons décidé de publier sous forme papier tous les articles de notre site ainsi que des textes inédits. La collection Mare Nostrum Arcadia se divisera pour le moment en trois séries

  • MNA Créations pour la public...

La Collection Mare Nostrum Arcadia (MNA)


Mare Nostrum: parce que nous revendiquons notre héritage méditerranéen

Arcadia: parce que ce fut le pays de l’Âge d’or, un passé lointain, mythique, utopique qui nous offre une perspective poétique.

Nous sommes convaincus que l’avenir de la Kabylie s...

Ameziane Kezzar La Réserve kabyle
A Contre-Temps, Paris, 2017 144 pages
ISBN 9782912413024
Prix de vente public: 7 euros

_Disponible pour le moment dans ces lieux:

  • La Note Bleue, 99 rue de Ménilmontant, 75020, Métro Ménilmontant
  • Le Couronne de Belleville, 75020, Métro Couronnes
  • ACB 37 b...


Ameziane Kezzar & Mohand Lounaci
Anzar, dieu méditerranéen, essai de mythologie comparée (Grèce, Rome, Kabylie)

Il fut un temps où le monde était polythéiste. Chaque peuple avait ses divinités, ses mythes fondateurs, ses rites, ses cultes, enfin tout ce qui lui assurait paix et cohésion sociale. D...

MNA Idées


Ameziane Kezzar & Mohand Lounaci
Anzar, dieu méditerranéen, essai de mythologie comparée (Grèce, Rome, Kabylie)

Il fut un temps où le monde était polythéiste. Chaque peuple avait ses divinités, ses mythes fondateurs, ses rites, ses cultes, enfin tout ce qui lui assurait paix et cohésion sociale. Des formes de religions étrangères à la révélation. Elles n’ont connu ni prophètes ni messies. Des religions plongeant leurs racines dans la tradition, qui englobaient à côté d’elles des élements de civilisation comme la langue, la gestuelle, les manières de vivre, de sentir, d’aimer, de manger, de s’exprimer, de penser, selon les règles et les valeurs de la vie collective. Selon J. P. Vernant : « Cette tradition religieuse n’est pas uniforme ni strictement fixée; elle n’a aucun caractère dogmatique. » Ces religions ne connaissent pas de livre sacré, ni de vérité absolue et elle n’imposent aucun credo à leurs fidèles et aucune promesse pour l’au-delà.
Les peuples antiques se faisaient la guerre, mais jamais pour la religion. Les Grecs et les Troyens partageaient les mêmes dieux. L’Olympe, si on excepte la neutralité de Zeus, était divisé durant la guerre de Troie. Poséidon et Apollon étaient du côté des Troyens et Athéna de celui des Grecs. L’objet de la guerre n’était donc pas religieux, mais pour Hélène, femme de Ménélas, prince grec, ravie par Paris, prince de Troie. La cause était donc la belle Hélène, du moins si on croit la version officielle grecque de l’époque. Les Romains, quand ils soumettent un peuple, n’offensent jamais leurs croyances. Tout Romain s’installant sur une terre conquise, se met à adorer les dieux locaux. Mieux, l’Empire prend même la peine d’introduire les divinités des peuples conquis dans le grand Panthéon impérial.
Voici donc la Kabylie, région d’Afrique du Nord, région méditerranéenne, prise dans l’influence de la culture universelle antique, la culture gréco-romaine, puis prise dans les filets des différents monothéismes qui se sont succédés dans le monde alors connu. Cette Kabylie a eu elle aussi des mythes, des rites, une culture polythéiste.
Qu’en reste-t-il? Peu de choses. Quelques traditions dont on a oublié le sens religieux, quelques récits dont la mémoire collective a effacé le caractère mythologique. Un ou deux noms de personnages divins, présentés comme légendaires. Anzar fait partie de ces derniers. Ce que nous nous proposons d’interroger dans cet ouvrage (version publiée et remaniée de plusieurs articles parus à des périodes diverses sur le site marenostrumarcadia.org) c’est donc la manière dont le mythe d’Anzar a été vidé de son sens pour le folkloriser dans le monde kabyle et berbère en général. Nous souhaitons par la perspective que nous offrent les textes grecs et latins lui redonner une profondeur historique, sociologique et pourquoi pas religieuse qu’il a perdu au cours de siècles de monothéismes. C’est pourquoi nous nous choisissons pour cela une méthode un héritage à revendiquer en tant que Kabyles, en tant que méditerranéens, en tant qu’hommes.

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